Les mazurkas d’Alfred Mouret

Alfred Mouret est un merveilleux violoneux, découvert du côté de Saint-Donat (Puy-de-Dôme) par Olivier Durif en 1976. C’est une belle histoire que cette rencontre : le vieil homme n’avait plus touché un violon depuis longtemps, et lorsqu’ Olivier Durif lui en ramène un et lui laisse quelques semaines, notre musicien retrouve ses doigts et son aisance. Et au fil des nombreuses rencontres, Alfred Mouret livrera tout ce dont il se souvient, et en particulier le répertoire de son père. En effet, en digne fils de François Mouret (dit « L’Anglars », éminent violoneux), Alfred fait entendre de très belles mélodies, des versions …

Des tranches de saucissons…

Nous vous proposons pour cette année 2015, non pas une mélodie à la fois, mais plusieurs que nous allons comparer, associer, déconstruire, afin de mieux saisir ensemble de quoi sont constituées les musiques traditionnelles du Massif central. Nous commençons donc l’année sous le signe du départ : nous allons partir à la rencontre de ces musiques, destination inconnue, mais toujours à partir d’un point bien repéré. Puisque, comme on dit chez nous, « dans le cochon tout est bon », alors pas de demi-mesure, voici quelques tranches de saucissons. Un « saucisson », dans le langage populaire du musicien est un morceau « standard », très connu, …

Mazurka glissée

Cette mazurka est interprétée par Léon Mazière, violoneux de Terret (Blesle, 43), enregistré par Emmanuel Lazinier, Jean-François Dutertre et Jean-Loup Baly, en août 1973. Léon Mazière était un violoneux très prolixe, et particulièrement attaché à la cadence et à l’efficacité de ses morceaux. Il avait deux particularités, l’une véritable et l’autre légendaire. La véritable, c’est nous qui l’affirmons : pour chacun de ses morceaux, ou presque, Léon Mazière avait des paroles et connaissait une version chantée, parfois très différente de l’instrumentale. La légendaire, c’est le violoneux lui-même qui l’évoque : il aurait fait danser un chien ! En effet, la cadence est …

La caille et la délaissée

Ces deux chansons sont interprétées par Eugénie Delterme , enregistrée à Polminhac dans le cantal à la fin des années 1970 par André Ricros et Eric Montbel, lors d’une enquête concernant Antoine Bouscatel, le cabrettaire. Cette chanteuse est en effet sa nièce et en semble très fière ! Elle affirme que Bouscatel lui-même jouait à la cabrette ces chansons, car elle les tenait de sa grande tante (la mère de Bouscatel) avec qui elle a vécu et qui chantait tout le temps. Elle disait : « ieu cantarai jusca que ieu crevarai » (je chanterai jusqu’à ce que je meure). Ecoutons « la délaissée » : Cette chanson …

L’aumône…

Période de Pâques oblige, nous vous proposons d’écoutez un réveillez « Jésus s’habille en pauvre » (chant de quête des œufs) qui est chanté par Jean Chabosy, enregistré  par José Dubreuil le 02/03/1989 et le 17/03/1989 à La Renaudie, près de Larodde, canton de Tauves dans Puy-de-Dôme. Deux versions sont enregistrées, les voici toutes les deux. Version du 2 mars   Version du 17 mars Dès le début Jean Chabosy nous installe dans une pulsation qui n’est pas la cadence de marche habituelle des chants de Réveillez, mais qui s’approche ici très fortement du rythme de la bourrée. On en retrouve dans …

La valse de Château

Cette valse est chantée par Jean Chabosy, enregistré  par José Dubreuil le 02/03/1989 à La Renaudie, près de Larodde, canton de Tauves dans Puy-de-Dôme. Jean Chabosy a appris cette valse auprès d’un certain  »Château », violoneux du pays de Tauves. Ce morceau était son préféré. Ce chanteur a la particularité de reprendre à la voix des morceaux reconnus comme instrumentaux. A la première écoute on est frappé par la variété et le choix des onomatopées qu’il utilise ( »natou nanatou » et  »tilali lalilo »). Il existe une corrélation entre ces sons de voix et ceux d’un violon, comme si les syllabes étaient destinées …

La mazurka à Tournadre

Nous poursuivons notre découverte des mazurkas avec cet air de danse est joué au violon par François Tournadre, rebouteux à Reignat, dans le canton de Champeix et a été enregistré par José Dubreuil et Anne Garzuel le 22 mars 1989. François Tournadre, qui n’a pas joué depuis longtemps et qui cherche ses repères et ses sensations avec l’archet, montre quelques difficultés dans l’exécution. Malgré cela, en dépassant ces éléments techniques contingents, nous entendons une musique tout-à-fait intéressante et particulièrement engagée. Comme bien souvent, c’est au niveau du rythme que les choses les plus évidentes se passent.  Le musicien mêle une …

La mazurka (du grand-père)

Odette Gatignol joue ce très beau morceau, qu’elle tient de son grand-père. Le son a été pris par Eric Cousteix le 19 décembre 1986 à La Tour d’Auvergne. A la première écoute, on est happé par le son, très lié et rond de la violoneuse, dû en grande partie à sa justesse et au très léger vibrato qui l’accompagne. Les notes semblent étirées légèrement. A vrai dire, elle joue tous les morceaux de son répertoire de cette façon. […]

Souvenir de Musette, ou la java d’un saxophoniste du Cézallier qui était monté à Paris

Albert Faucon, saxophoniste et accordéoniste a marqué les esprits des musiciens du Cézallier qui se souviennent encore de lui, de sa musique et de sa réputation. « Un son comme ça, j’en avais jamais entendu! » dit Gilbert Vallon, saxophoniste et batteur originaire de la région d’Ardes-sur-Couze pour qui Faucon a été une véritable révélation musicale et initiateur d’une vocation à vie.   À son époque nouveauté de nos plateaux, le saxophone de Faucon fera des émules, soutenu à merveille par l’accordéoniste Marcel Plane en particulier. Avec Alexander, et d’autres, Albert Faucon fait partie de ces saxophonistes français qui ont gravé sur …