Rencontres à LA BASCULE – TAUVES 63

RECUEIL DES CONTRIBUTIONS

Les Rencontres à LA BASCULE qui se sont déroulées en septembre à Tauves (63), ont réuni 200 participants, dans la bonne humeur, la courtoisie, le « bien se sentir là ». L’ambition de ces journées était de réactiver la pensée sur le monde rural, de l’élevage en particulier ; de réévaluer son importance dans notre histoire, de mettre en résonance les sphères artistiques et scientifiques.

Un colloque studieux, pluraliste (une trentaine d’intervenants) et convivial, avec le souci de partager son savoir ou son expérience (1/3 du temps réservé aux questions/réponses), dans l’atmosphère et les paysages du Sancy.

Le Recueil des Contributions rassemble celles de :

  • praticiens : éleveurs (numérisation, pluriactivité, tradition), ancien éleveur, vétérinaire, salariée d’exploitation, accompagnatrice de tourisme équestre…
  • formateurs (lycée agricole, histoire de l’art, théologie), accompagnateurs de projets (Terre de liens, Bienvenue à la ferme…), élus (communes et communauté de communes),
  • universitaires et chercheurs : géographe, historien, écrivain, philosophe, musicologue, agro-écologue, zootechnicien…
  • deux grands témoins.

Chacun, du pays ou de passage, du milieu ou profane, citoyen ou décideur pourra se nourrir intellectuellement et émotionnellement.

Liens vers le site Web de l’Institut de l’Elevage (détails des rencontres) : ICI


Télécharger le Recueil des Contributions

Aller vers les montagnes
entre les paysages, les hommes et les animaux

Impressions immédiates de David De Abreu lors des Rencontres à LA BASCULE

En préambule, je serai tenté de vous dire que je ne connais rien à l’élevage, ou si peu, car les quelques connaissances que j’en ai sont liées aux nombreux témoignages l’agriculteurs que j’ai pu lire, voir ou collecter dans le cadre de mon travail à l’Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne.
Né en 1980 à Clermont-Ferrand dans une cité Michelin, je pourrais être l’archétype de l’individu horssol, je dirais plutôt hors-terre car pas attaché viscéralement à une terre, à un terroir.

Hier matin, samedi 17 septembre 2022, je quitte ma maison de Riom (dans la plaine de la Limagne) vers 8h du matin. En roulant pour aller à Tauves, je me dis quelle bonne idée de faire ces rencontres, mais surtout de les faire à Tauves. En effet, je me rends compte que cette transhumance que je fais seul dans mon coin, à la différence des ovins et des bovins, enclenche le début de ma réflexion. Nul besoin de
chien pour nous faire rejoindre ces estives que sont pour nous ces Rencontres à LA BASCULE.
Ce déplacement que l’on a tous fait, de plus ou moins loin, tisse un lien invisible entre nous dont l’ambition est la volonté de rencontrer, de partager, d’écouter, de manger et d’échanger pour que ces journées soient une réussite. En plus de la fabrication de ce lien se rajoute un voyage intérieur. Ce voyage vers « les montagnes » touche à l’intime, une émotion indescriptible, une attirance pour ces sommets qui agissent comme un aimant. C’est cette dimension presque sacrée que nous avons abordé en filigrane durant ces deux jours. Une dimension liée à la relation entre les paysages, les hommes et les animaux.
On retrouve cette connexion, que ce soit dans les grottes de Lascaux, dans les textes bibliques, dans certaines tribus d’Amérique ou dans les œuvres de Fabien Harel. La puissance de ces représentations nous montre l’importance de ce lien pour les différentes communautés humaines à travers le temps.
Alors sans aller dans les extrêmes comme a pu le raconter un agriculteur du Cantal à l’un des collecteurs de l’AMTA, en affirmant « qu’il pensait, vivait et dormait vache », cette interaction entre l’homme et l’animal fabrique des paysages visibles ou invisibles, oraux ou écrits, sonores (avec les cloches) ou silencieux. Ce lien est visible à travers des gestes, des rituels, des paroles, des manières de soigner, de nourrir, d’accompagner, d’aimer… qui construisent une véritable culture, un véritable rapport qu’on peut qualifier d’humanité. C’est cette humanité, ce dialogue permanent entre l’homme, l’animal et la nature qui fabriquent l’identité de nos territoires.
Durant ces dernières décennies, ce lien a été étiré, abimé, parfois même coupé par les injonctions, les normes, les contraintes, les modes ; cependant sans ce lien c’est toute l’humanité de nos territoires qui est en danger.
Comment pouvons vivre, imaginer, rêver son « pays » et son travail sans ce lien invisible qui nous rattache au passé et fait de nous des passeurs, des transmetteurs. C’est cette partie irrationnelle, sensible qui fait que nous pouvons nous permettre de dire comme le dit si bien Patou Vergnol « j’ai toujours voulu vivre ici ».

Impressions immédiates de David De Abreu

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